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Présence non duelle

 

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bouddhisme meditation non duel English version

L’obscurité de la nuit, même si elle devait durer mille ans, ne pourrait cacher le soleil levant, de même d’innombrables périodes de conflit et de souffrance ne peuvent dissimuler le rayonnement inné de l’Esprit.

Tilopa, maître indien - 11e Siècle

ARTICLES de Peter Fenner

Ressources


La contemplation déconstructive
Une discipline psycho-spirituelle contemporaine

La contemplation déconstructrice est une approche psycho-spirituelle novatrice du démantèlement des fixations qui causent douleur et souffrance. Elle s'inspire de la sagesse parfaite (Prajnaparamita), de la voie du milieu (Madhyamaka), du complet accomplissement (dzogchen) et du zen, traditions du bouddhisme.

La principale hypothèse de la contemplation déconstructrice est que la réalité se crée au travers de nos croyances. Cette hypothèse nous permet de révéler la nature construite de notre expérience. En fin de compte, l’hypothèse que la réalité est créée à travers nos croyances est elle-même déconstruite, abandonnant la "réalité telle qu'elle est". Ainsi, en analyse finale, la contemplation déconstructrice n'accomplit rien - c'est un non-événement. Ainsi que le dit la tradition du Bouddhisme de la Sagesse Parfaite (Prajnaparamita), c'est un enseignement radical qui est ouvertement présenté comme un non-enseignement. Cependant, aussi longtemps que nous nous figurons qu'il y a quelque chose que nous avons besoin de faire, la contemplation déconstructrice fait exactement l'affaire en tant qu'outil sophistiqué pour recouvrer "ce que nous ne pouvons ni gagner ni perdre".

L'utilisation du terme "contemplation" indique que cette pratique se passe d'une façon plus fluide et naturelle à l’intérieur d'un espace psychologique dégagé de réactions émotionnelles pressantes ou intenses. Elle s'adresse à des gens psychologiquement mûrs qui ne sont pas bloqués dans des opinions pesantes. La contemplation dans ce contexte ne se réfère pas à une pratique, telle que la méditation formelle, qui est coupée du reste de nos activités. Ainsi, ce travail ne peut être comparé à des méthodologies telles que la méditation basée sur l'introspection - Theravada (Vipassana), ou le zazen.

 

Fixations

Une fixation se produit chaque fois que nous prenons une position rigide et inflexible sur n'importe quel aspect de notre expérience. Lorsque nous sommes fixés, nous investissons de l’énergie mentale, émotionnelle et physique dans la défense ou le rejet d'une interprétation particulière de qui nous sommes. Les fixations révélées dans ce travail remontent à une intime conviction que quelque chose manque dans nos vies. Ce qui manque se situe n'importe où, entre une agréable tasse de thé et l'illumination. Nous sentons que "ce n'est pas ça" lorsque CA représente notre version particulière de notre idée sur les choses. Nous sommes certains que quelque chose se passe qui ne devrait pas se passer, ou que quelque chose qui devrait se passer ne se passe pas. Chacune de ces vues est une fixation qui nous jette dans une confusion émotionnelle dans notre combat pour gagner quoi que CE soit. Nous craignons de ne pas l'obtenir, et l'ayant obtenu, nous craignons de le perdre. En tout état de cause, CELA sera probablement dérivé de notre concept d'un état d'illumination, c’est-à-dire un état de possibilités sans limites et de bonheur sans fin.
L’évaluation de base que "quelque chose manque" est périodiquement déplacée par le sentiment que "c'est cela". Pendant un moment, nous entérinons le fait que les choses vont bien. Nous nous figurons que nous sommes en train de l'obtenir, ou l'avons obtenu - c'est ainsi que les choses devraient être. Nous pourrions même nous convaincre que nous sommes arrivés au but longtemps recherché de nos efforts spirituels. Cependant la croyance de l'avoir obtenu crée la possibilité de le perdre, en ce que nous reconstruisons l’idée que nous n'en avons pas suffisamment, que nous pourrions en utiliser davantage. Nous nous interrogeons aussi pour savoir si CELA est réellement, et si nous en voulons encore.
Les intimes évaluations du genre "ça y est" ou "ça n'y est pas" engendrent d'innombrables fixations secondaires. En termes de développement spirituel et personnel, nous dépensons une énorme quantité de temps et d’énergie à construire des interprétations pour savoir si nous progressons ou piétinons. A mesure que ces constructions se déplacent et se modifient, nous gaspillons encore plus de temps à déterminer le niveau de notre engluement ou de notre mobilité. Nous oscillons entre l'effort et l'abandon. Nous déterminons si nous avons ou n'avons pas besoin d'aide, ou si nous sommes dans l’incapacité de décider si nous allons demander de l'aide ou nous débrouiller tout seuls. Quelquefois nous sommes clairs et engagés, et en d'autres occasions nous sommes confus et vagues, luttant pour savoir si nos expériences sont significatives ou pas, réelles ou irréelles.

 

Déconstruction

La contemplation déconstructrice est une procédure consistant à dissoudre doucement et élégamment nos fixations par la révélation que nos interprétations quotidiennes et professionnellement informées de la réalité sont des mécanismes d’auto-référence pour valider trompeusement le "ça y est" et le "ça n'y est pas". En dévoilant les croyances qui valident intérieurement nos fixations, ces fixations perdent leur capacité de contrôler nos vies. En révélant leur structure centrale en temps réel, nous découvrons que nos fixations ne se réfèrent pas à une réalité objective ou subjective. Enfin nous découvrons que nos fixations ne sont pas des fixations. Nous constatons qu'une fixation est simplement un concept que nous avons superposé sur le flux de notre expérience. De cette façon, la contemplation déconstructrice dévoile la texture ouverte et fluide de la réalité.
En tant que procédure de dévoilement de systèmes de croyances fixées, la contemplation déconstructrice se base quelque peu sur la tradition bouddhique de la Voie Moyenne (Madhyamaka). Dans son cadre traditionnel hindou et tibétain, la déconstruction de la Voie Moyenne détruit systématiquement les croyances fixées au travers de recherches logiques rigoureuses qui sont employées de façon assez mécanique pendant des sessions formelles de méditation.
Notre méthode contemporaine diffère des méthodes traditionnelles de la Voie du Milieu principalement de deux façons. Tout d’abord, elle opère d'une manière qui transcende le besoin de périodes formelles de méditation. En fait, nous déconstruisons systématiquement l’activité de la méditation chaque fois que l’activité méditative devient une méthode d'auto-justification pour conditionner de façon aveugle les croyances en notre valeur personnelle et dans le progrès spirituel. A cet égard, ce travail se rapproche de la tradition originale de la Parfaite Sagesse (Prajnaparamita). La seconde différence tient dans ce que nous nous polarisons sur le démantèlement des fixations à mesure qu'elles surviennent plutôt que sur la réactivation de fixations préexistantes dans le contexte de la méditation. Ces différences rendent la contemplation déconstructrice très organique et fluide.

 

Lignes directrices

Un cours commence généralement par inviter les gens à observer leurs fixations. Nous décrivons ces fixations d'une manière relativement banale et courante, en utilisant un langage qui s'accorde à notre façon quotidienne d’y penser et d'en parler. Cela nous aide à transformer des suggestions théoriques et d'apparence séduisante en instruments qui révèlent directement les penchants cognitifs et les fixations émotionnelles. Par exemple, les gens seront invités à observer comment ils :
• attirent ou détournent l'attention par rapport à eux-mêmes ;
• essaient d'intensifier ou de diluer leur vécu ;
• dramatisent ou banalisent un échec ou un succès ;
• entérinent ou rejettent leurs propres croyances ou celles des autres.
En décrivant les discours personnalisés et les sentiments qui accompagnent les fixations génériques, nous pouvons facilement suivre leurs manifestations et leurs comportements à mesure qu'ils ont lieu. Leurs manifestations et autres penchants sont uniques pour chacun d'entre nous. Par exemple, le fait de parler fort pour l'un peut représenter un silence relatif pour un autre. Cette dimension particulière de notre travail est inspirée par la tradition Bouddhique du Complet Accomplissement (Dzogchen) dans laquelle l’on cultive la non-acceptation et le non-rejet de tout ce que nous pouvons éprouver.

 

Conscience et action

Nous observons également comment nous nous engageons dans ce travail soit avec peu d'entrain, soit en prenant le processus à coeur. Cette phase peut être comprise soit comme une simple observation de penchants, soit comme leur élimination de notre champ d’expérience, selon notre manière de distinguer les actions de la conscience. De tels penchants vont refléter respectivement une approche passive et active du travail spirituel. En observant de telles tendances et en agissant en fonction de ces observations, nous évoluons dans un espace où nous ne tendons ni à compenser un penchant, ni à résister à l'impulsion de le corriger. De cette façon, un équilibre est appliqué à la relation entre l'observation et la correction de ces penchants. Le résultat est que nous n'intervenons pas pour changer nos pensées et comportement, et ne restons pas simplement des observateurs inertes de nos tendances.
Une conscience de ces penchants produit une atmosphère sereine et vigilante qui contribue aux aspects plus rigoureusement déconstructeurs de ce travail. Dans le programme, l'observation paisible des penchants ralentit la pensée des participants et introduit une allure égale dans leurs activités physiques. Leurs personnalités deviennent intégrées et harmonisées, et ils atteignent un sens d’équilibre émotionnel et de bien-être physique.
A un niveau interpersonnel, une conscience de ces penchants produit une atmosphère plaisante dans laquelle s’établit un équilibre harmonieux entre l’intimité et le partage. Les gens ne font pas intrusion dans l'espace d'autrui, ni ne font sentir qu’ils fuient la proximité des autres. Les gens n’opèrent pas de façon insensible, ni ne ressentent le besoin de se montrer méfiants.
Des auxiliaires (facilitateurs) offrent leurs observations sur la manière dont ces fixations se manifestent parmi les participants. Pour autant que ces auxiliaires sont rigoureux dans leur réponse aux participants, ils ne le font jamais de manière pesante ou dérangeante. Les auxiliaires jouent le rôle de modèles en mettant ces principes à l’oeuvre.

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Peter FENNER in Recto Verseau -
Traduction de Jean-Louis Mastrandreas

 


ARTICLES

Béatitude inconditionnée

Une approche neuve

Liberté inconditionnelle

La contemplation déconstructive

La liberté intrinsèque

 

Extraits de LIVRES

Le fil de la certitude, dilemmes de la voie bouddhiste
Editions du Relié

Le courage de se libérer
Editions du Relié

La liberté d’être Publication Wisdom

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